Ce livre est un témoignage et un archivage non négligeable de photos qui alimentent les textes tel un album de famille, clichés pris par mon vieil appareil photo "Fugika" des années 1970 et autres photos provenant de sources diverses: perso, don,tendrel,web...
… Etudier l’Art traditionnel du
bouddhisme tibétain.
« Hiver 1978, le moment était venu de partir dans un autre pays, afin d'étudier l’Art traditionnel
du bouddhisme tibétain. Lama Zingpenla m’introduisit auprès de Akong Rinpotché qui était à
ce moment-là à Dhagpo. Lama Zigpenla requit auprès de ce Lama l'autorisation que je suive
une formation dans son Centre du Dharma à Samyé-ling en Ecosse. Par trois fois, Akong
Rinpotché refusa sa demande, Zingpenla insista en le rassurant sur ma pratique et ma motivation.
Il accepta finalement sa requête en me disant que cela ne serait pas facile, qu’il ne fallait pas que j’aie de vie familiale. Il me donna quelques jours de réflexion mais sans attendre et sans aucune hésitation je lui donnai ma décision positive.
Dès lors, il me prit trois mois à l’essai, séjour que je dus financer de mes propres deniers,
Une grande malle, deux valises et un sac à dos constituteraient mes bagages à emporter au fin
fond de l’Ecosse. Ne sachant parler anglais, Francis (Lama Tsönyi,) me donna quelques conseils
en linguistique avant de partir, en inscrivant sur des bouts de papier ce que je devais dire pour
me guider en arrivant sur le sol britannique.

Il me stransmit une bonne partie
de son savoir-faire.
MaxArtibet, beautiful decoration. Year 2000 Part 2
« …Je fis la rencontre du maître d’Art Chérabpalden-Béru, reconnu par le 16ème Karmapa comme étant un très grand artiste de l’école Karma-Gadri, ayant une connaissance sans reproche du symbolisme Kagyupa et Nyingmapa. Ce personnage d’une douceur et d’une attention toute particulière me mit toute de suite à l’aise dès mon arrivée à Samyé-Ling. Ce fut la troisième personne après mon Lama de Refuge et Akong Rinpotché (un protecteur d’une compassion étonnante) qui a joué un rôle décisif sur mon chemin spirituel et artistique. Ainsi, avec grand enthousiasme, je fus prêt à servir le Dharma à travers l’étude de l’Art sacré et du travail de la communauté.
Mois après mois, années après années sous la tutelle du maître d’art je construisais et sculptait des petits meubles et des trônes peints de façon traditionnelle….
Chérab-la était vis-à-vis de moi comme un père pour son fils. Pendant toutes ces années, il me témoigna son affection, avec patience et générosité et il me transmit une bonne partie de son savoir-faire avec une attention toute particulière. »
Chérab-la
auTibet
Une de ses peinture
.
Le moudra de l’enseignement.
« Avec grande inspiration je conserve toutes ses bénédictions et ces moments précieux en mémoire; avec joie j’écrivis les quelques proses qui vont suivre, relatant le parfum de l’époque de Dhagpo-Kagyu-Ling et du souvenir radieux de mon guide spirituel. »
« Quelques années plus tard, j’eus l’intention de sculpter son effigie, afin qu’à sa mort la statue puisse recevoir ses cendres, je demandais donc à Rinpotché comment je devais le représenter; il fut amusé par mon empressement « à le mettre en boîte » et me donna les indications de la posture dans laquelle il souhaitait être représenté, avec le moudra de l’enseignement. »
Chant à Dhagpo Kagyu Ling
Hommage !
(1.)* Dhagpo, terre bénie par le Bouddha lui-même.
(2.) Dhagpo, très haut dans le ciel au sommet de l’éclosion humaine.
Dhagpo, en silence et humblement nous accueille sagement.
Qui veut rencontrer le saint poète Milarepa
(3.) Dans la vallée de l’ancien homme
Qu’il y vienne et là, le verra certainement.
Qui veut manger de sa nourriture et rester en silence,
Dans la vallée de l’ancien homme,
Qu’il y vienne et là, trouvera contentement.
Qui veut la demeure du grand Yogi et l’ombre de la solitude,
Dans la vallée de l’ancien homme
Qu’il y vienne et là, trouvera son Refuge.
(4.) Notre Lama, par ses mille facettes nous regardant
Montre les mille aspects
Par lesquels les Bouddhas et Bodhisattvas en émanent.
Notre Lama, par sa bonté et sa Compassion infinie
Nous libère de la saisie à un soi
Il nous montre l’activité des Bodhisattvas.
Notre Lama, par sa joie et sa spontanéité d’être
Nous montre l’irréalité des phénomènes
Son illusion, comme un rêve, un mirage.
Notre Lama, par sa méditation et son exemple
Nous libère de notre ignorance
Il nous guide sur le sentier de non-retour.
Venez, à Dhagpo !
(5.) Dans la vallée ancienne
Goûtez-y sa saveur !
(6.) De simples gens en apparence
Cheveux en broussaille, vêtements en haillon
Puant la bonne terre et l’herbe mouillée
Vous rencontrerez.
(7.) Couchant à même le sol ou sur des litières usées
Travaillant sans outils ou presque
Ne sachant que faire où aller
Etonné, vous serez.
Ne manquant pas à la prière
Ecoutant la bonne parole
Le regard souriant et rêveur
Vous accueilleront
Le dieu de la richesse nous met à l’épreuve
Mais le Lama nous comble de sa propre richesse.
Dhagpo, lieu éternel et pourtant incertain par l’impermanence du cosmos
Le changement des choses le Lama nous le montre. Malgré le tourbillon des six mondes
(8.) Nos cœurs restent fidèles à la pensée de Dhagpo et de son saint Yogi….
Nous portant au-delà de nos chaînes
Vers la demeure de celui qui sait
Notre Lama Racine se fond en nous et nous mourrons en son sein
Plus grand que l’infini et plus petit que l’invisible
Nous restons là, libres et paisibles.
Venez à Dhagpo !
Dans la vallée ancienne
Vous trouverez la citadelle de Milarepa
(9.) Médiocrité de ce chant, que le Lama pardonnant, me fasse goûter son élixir de grâce
Que les cent syllabes rayonnent dans l’espace !
Spontanément une pensée s’est figée dans mon esprit, libre à son cours elle s’en est allée
Ainsi née, elle est apparue connue de tous.
Année 1976, Chant à Dhagpo Kagyu
*(1.) Éclaircissement du texte : Hommage.
1. Bénit par le XVI ème Karmapa.
2. Il y a 2500 ans le premier homme fit son apparition.
3. Vallée de la Vézère, en Dordogne.
4. Sans aucun doute le très vénérable Guendune Rimpotché.
5. Ancienne terre des hommes de la préhistoire.
6. Le petit monde de Landrevie (Dhagpo).
7. Une vie très précaire.
8. Guendune Rimpotché, considéré par sa réalisation à celle de Milarepa.
9. Allusion à une écriture très ordinaire, sans réalisation et guidé par l’ignorance, ce chant peut être
un grand mensonge mais l’auteur voulu essayer de transmettre avec le cœur quelque chose de beau ;
alors peut-on le pardonner ?
De son ravissement exprimé par ces
chants de Vadjra
« …De retour en France, je me rendis en Auvergne pour contribuer à la décoration
du petit temple de Guendune Rinpotché. Avec l’aide d’un ami anglais Lény, nous commencâmes à mettre en œuvre les travaux de décoration. Pendant ces deux mois que compta la durée du chantier, les fresques murales et l’autel (construit par Frizou et Baba) étaient drainés par un vent de bonheur, d’humour et d’éclats de rire, d’une joie intense dans tous les sens du terme s’éternisant jusqu’à la tombée de la nuit. Régulièrement Rinpotché nous rendait visite; un jour il nous tendit un plateau d’offrandes qu’il venait partager avec nous; son visage rayonnait d’un sourire prometteur, de ce ravissement exprimé par ces chants de Vadjra, par ces danses de Lama auxquelles il nous conviait de sa représentation. Nous étions ravis par ses expressions spontanées et recevions, entre autres son encouragement à nous « fendre le cœur ! »
Notre équipe d’artistes en herbe s’agrandit avec Michel, Aurélie, Déki, Nathalie…
qui m’assistaient pour la touche finale des autels. Lény, quand à lui, devait retourner rapidement

L'équipe de déco à l'oeuvre, dans le petit temple de Rinpotché.
L’expression de leurs qualités artistiques vit le jour.
« …le temple du monastère des nonnes à Laussedat, était prêt à recevoir notre équipe de déco, une quinzaine "d’artistes" ne connaissant rien à l’Art du Dharma, tout du moins au début; par la suite, l’expression de leurs qualités artistiques vit le jour. Sous ma tutelle et accompagnés par le "savoir-faire" d’autres lamas, nous nous mettions à l’œuvre. Une année entière suffit pour habiller l’autel et les murs du temple, grâce à une bonne coordination et surtout par un suivi régulier des travaux, auxquels je contribuais en donnant des cours de dessin et de peinture; chaque élève pu apprécier à sa juste valeur le résultat de son travail. »
Le Bouddha central qui fait plus
de cinq mètres de haut.
« …Maintenant il était temps de commencer la grande œuvre, celle du temple du Karmapa, toujours avec la même équipe nous mîmes en place plusieurs ateliers : pour Marie-Christine ce fut la dorure et la pose de la feuille d’or, pour Michel la peinture des Mandalas, pour Jean Marc la déco murale, pour Antonio le moulage et pour moi-même la sculpture et la fonction de maitre d’ouvrage. Après avoir présenté à lama Jigméla mes dessins et accepté diverses idées pour la déco, comme par exemple son plafond avec ses Mandalas, le plan fait à l’échelle du grand Bouddha central qui fait plus de cinq mètres de haut. ~ Gérard s’occupa de la fabrication du Bouddha qui fut réalisé en cuivre repoussé, ainsi que d’autres statues par la suite ~. Après l’approbation de Guendune Rinpotché, il me donna toute sa confiance pour faire cette activité. Ainsi, nous nous mîmes à l’œuvre et tout se déroula comme prévu avec la bénédiction de la Lignée. »
Il est bon de suivre l’exemple de décoration
du temple de Rumtek.
« …Pour le plafond central une pensée effleura mon esprit, un grand Mandala y serait
représenté, mais lequel ? Je choisis le Mandala du Kalachakra. Ainsi une fois que mes croquis furent fais, je m’en remis à Guendune Rinpotché et à sa demande je partis pour Dhagpo présenter mon travail à Lama Jigméla… ». Le choix de ce Mandala, dans sa vaste dimension de 1m80 de diamètre, correspond au souhait et à la nécessité de contrer les obstacles que constitue cette époque de l’âge sombre dite du "Kali Yuga " où les actions négatives sont reconnues comme des actes positifs, et les actions négatives comme positives; ainsi que les guerres, la famine, l’appât du gain … prédominent dans le monde. Ce Mandala (protecteur), équivaut à toutes les transmissions et bénédictions toutes particulières pour notre époque.
Je présentai cette idée et mon dessin à Lama Jigméla qui le regarda attentivement et sans hésitation il accepta le projet, ainsi que les autres plans grandeur nature des deux disciples du Bouddha qui plus tard seraient réalisés en cuivre. Rinpotché me disait à propos de la décoration du temple qu’il était bon de suivre l’exemple du temple de Rumtek, de le prendre comme référence, ~ décoration rêvée à l’époque des travaux par le 16ème Karmapa lui-même ~. Je m'en inspirai donc… »
« …M’étant retiré pendant une longue période de mon activité ; par la suite j’ai rencontré l’artiste tibétain Norbou, peintre de thankas , nous eûmes quelques échanges amicaux. Il me confia que mon savoir-faire était de qualité et me convia à travailler avec lui... Actuellement, Norbou supervise les ateliers et dirige l’activité de décoration du Temple du Karmapa »


Denzong Norbu L'artiste par excellence.
J’étais bien aise d’accompagner une dernière fois
mon Maître spirituel.
« …Un événement bien triste nous rappella l’impermanence des choses et des êtres. Notre Lama de Refuge Guendune Rinpotché quitta son corps en 1997 en Auvergne. Une grande cérémonie allait se préparer; donc avec quelques personnes de la déco nous préparions les dessins (j’étais bien aise d’accompagner mon Maître spirituel une dernière fois à travers l’art) qui serviraient pour la décoration de la caisse funéraire et du stupa de crémation, le corps de Rinpotché serait brûlé dans ce support spécialement conçu pour cela… »
« ...Les flammes consumèrent son corps sortant au-dessus du Stupa à plusieurs mètres de haut; entre feu et air, Rinpotché apparut resplendissant de son Corps de Dharamakaya , pour se fondre dans la demeure radieuse de l’Esprit parfaitement pur, le Mahamoudra.
~ Peu de temps après sur les précieux conseils du Karmapa, de Shamarpa et d’autres Lamas tibétains, je sculptai son effigie, comme Rinpotché l’avait souhaité, avec le mudra de l’enseignement~. » EMAHO !