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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 14:38

 

  


   

Motivation 
 Un choix




                «
Pour le bien de tous les êtres! », on se place dans ce but, dans cette  motivation,  pour le  moins on  essaye de  développer  un
état d'esprit allant dans ce sens, le bien d'autrui par notre pratique méditative ou notre activité. Le souhait, le voeu qui motive nos actions, n'est pas une simple pensée, une simple phrase que l'on récite dans un texte ; c'est aussi un acte qui, jour après jour, années après années, devient évident, précis, en harmonie avec nos capacités réelles. En fait il y a trois sortes de motivation, petites, moyennes et grandes

 

   La petite motivation: elle relève d'un état d'esprit ordinaire, consistant à faire quelque chose pour soi-même, être reconnu et regardé comme quelqu'un de spécial, être estimé exagérément, vouloir des richesses, renaître dans le monde des dieux, avoir une vie aisée, la santé et le bonheur.

 

   La moyenne motivation: elle se situe dans la direction où l'on fait telle chose pour obtenir ou accumuler du mérite et ainsi assurer notre présent et notre avenir, purifier nos mauvaises tendances karmiques ou bien développer telles qualités (ici cela concerne les arts) pour ensuite devenir un maître qualifié, obtenir la connaissance et la sagesse à travers cette forme d'activité et souhaiter la transmettre.

 

   La grande motivation: elle est celle qui peut être formulée en deux souhaits, l'offrande de soi et la bodhicitta. 1) Utiliser son corps, sa parole et son esprit au service des autres et du Dharma, naturellement être prêt à s'offrir comme étant une grande offrande par soi-même et par son activité, sans vouloir obtenir en échange un bienfait personnel, mais se placer dans un état d'esprit d'humble serviteur (comme un valet de peu d’importance) au service des trois Joyaux et de son Lama Racine. 2) Réaliser et obtenir l'Eveil en une seule vie, développer l'activité des Bodhisattvas et choisir de renaître dans le Samsara durant des éons, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus un seul être en état de souffrance dans les dix directions de l'espace.

        La motivation peut être imagée par l'exemple d'une rampe de lancement, qui nous projette comme une fusée dans une direction souhaitée et précise. Au départ, la formule de souhait peut apparaître comme artificielle, mécanique. Durant les mois, les années, et à travers les expériences de la vie, notre vraie motivation (en gardant à l'esprit «le bien de tous les êtres sans exception») se met en place naturellement dans notre esprit; elle devient une chose intime, connue profondément que de nous-même, dans notre vie quotidienne, elle se moule à nos tendances du moment, qui souhaitons-le, est désintéressée; elle se concrétise plus précisément, se met au diapason du plus profond de notre être, guide nos activités au long de cette existence et de la suivante.

 

      La motivation quel  qu'elle soit, pourrait-elle se développer à l'insu de notre propre conscience ? Cette motivation de base, qui peut se traduire dans notre pensée « pour le bien de tous les êtres », ne risque-t-on pas de la détourner subtilement par le désir d’accumuler du mérite et d’obtenir une bonne renaissance, santé et fortune pour soi-mêlme sous le prétexte du « bien pour tous les êtres » ? Cette exemple, montrent que nous ne pouvons pas être sûrs de ce que nous pensons vraiment, et de notre réelle intention à long terme, car nous sommes portés par notre égocentrisme. La motivation est aussi un engagement de notre part; elle s'assimile, se digère, se modèle et s'installe ensuite clairement et définitivement dans la durée. Elle peut changer de refrain au cours de notre existence et devenir une motivation grande, moyenne ou petite; elle joue avec nos émotions passagères en fonction du moment.

Jusqu’à la conviction ultime que tout ce que nous entreprenons, notre manière d’agir, d’exister dans ce monde, n'a de raison d'être que pour le bienfait des êtres.

 

      Le chemin spirituel de chaque personne est différent. Certain continueront leur chemin sans hésitation et feront fi des obstacles balayés par la force de leur motivation, tandis que d'autre, s'arrêteront de temps en temps en cours de chemin, pour cueillir les fleurs et boire à la rivière du Samsara. A vrai dire, tout cela dépend de notre motivation profonde, réelle, celle avec laquelle nous vivons tous les jours, sans y penser nécessairement à chaque instant; cela est comme l'obtention de "l'esprit d'Eveil" et de son accroissement, une fois formulé complètement, sans artifice, honnêtement, à nous faire dresser les poils du corps. La graine est semée, elle croît naturellement de jour comme de nuit, que l'on soit éveillé ou que l'on dorme.

La bonne motivation est importante à développer, à entretenir si l'on veut surmonter les obstacles, les embûches sur le chemin spirituel; elle nous canalise tranquillement vers le but souhaité et nous propulse en temps voulu, vers la réalisation de la Connaissance Ultime, hors des cycles sans fin de la roue du Samsara, ce vers quoi on tant, la Bouddhéité.

 

  



Transmission

   Ordinaire et Ultime

 

                                       La   transmission  ordinaire  se  caractérise  au  sein  d'établissements  scolastiques afin d'acquérir des connaissances intellectuelles et manuelles. Celles-ci se déroulent dans un cadre d'apprentissage auprès de personnes compétentes. Après un certain temps d'étude passé dans ces établissements et ayant obtenu un diplôme; on entreprend le métier que l'on a choisi et éventuellement on retransmet à d'autres personnes notre savoir-faire. Notre carrière tant désirée peut occuper beaucoup de place dans notre vie, surtout si nous souhaitons une promotion sociale. Tout ce savoir acquis ne durera éternellement; à la fin de notre vie nous perdrons tout, nos connaissances et notre travail; dans la vie prochaine, il faudra tout recommencer, peut-être envisagerons-nous une autre discipline, une autre activité. C'est la raison pour laquelle, cette transmission obtenue de professeurs ordinaires reste dans le cadre restreint du domaine humain, pour soi-même, sans grande force dans sa motivation et dans sa qualité.

 

      La transmission ultime est celle qui se perpétue de générations en générations, se situant dans le domaine spirituel, de maître à disciple avec le flot ininterrompu des bénédictions du passé jusqu'à nos jours. Pour recevoir la transmission authentique, l'étudiant se contentera de développer un esprit réceptif et une dévotion discrète. Il ne suffit pas d'étudier auprès d'un maître pendant quelques mois, quelques années pour recevoir sa transmission et "se donner"  l'autorisation d'assurer sa pérennité.

 

Certains êtres artistiquement peu habiles sur le moment, peuvent recevoir parfaitement la transmission du Maître d'Art. Le guide peut voir en telle personne une potentialité ou une possibilité de développer les capacités nécessaires pour son futur, devenir un bon réceptacle et être prêt à son tour de suivre le chemin et  retransmettre le savoir. Tandis que d'autres, qui auront beaucoup étudié, ne seront pas prêts à ce moment-là à recevoir cette transmission, par faute d'ouverture d'esprit ou d'accumulation de mérites.

 

        La transmission ultime on pourrait l'appeler aussi transmission du "cœur" ou transmission "d'esprit à esprit"; le Maître et le disciple doivent s'associer, s'harmoniser comme un diapason, sans fausses notes. Tenir de longs discours sur le pourquoi et le comment des choses de l'art et mener des débats à n'en plus finir, n'est pas nécessaire;  mieux vaut le silence du Maître qui peut exprimer en profondeur certaines choses qui ne seront pas nécessairement comprises de suite mais bien plus tard.

 

        Nous, occidentaux, avons trop tendance à intellectualiser et à compliquer ce qui est simple; par exemple « pourquoi telle couleur et pas une autre », « pourquoi dessiner un nuage et pas une fleur, peindre telle chose que l'on ne peut voir de loin ou préférer ceci au-lieu de cela...etc ».  Guendune Rinpotché me disait: « il ne s'agit pas de la technique d'enseigner ou d'expliquer telles choses, de connaître tel ou tel procédé, mais c’est avoir l’attitude juste ».... Pour éclaircir une situation, faire passer un message et créer l'harmonie, ceci est à méditer.

 

       Cette transmission de "cœur" est comme un fil conducteur, démarrant d'un boîtier électrique et allant à l'ampoule. Pour que celle-ci puisse s'allumer, le fil conducteur ne doit pas être interrompu en cours de route. Pour que la lumière puisse fonctionner, l'ampoule doit être aussi en bon état, prête à recevoir l'énergie suffisante pour éclairer la chambre, actionnée bien entendu par l'interrupteur qui pourrait symboliser «la motivation». Cela fonctionne de la même manière pour nous; si notre esprit se heurte à des différences matérielles ou émotionnelles, les bénédictions et les réalisations 4) ne pourront faire surface.

 

            4)  Réalisation: Moment d'Eveil ou prise de conscience sur la nature réelle des phénomènes qui nous entourent, et le sens de l'activité du Dharma, qui est ici, celle de l'art religieux.

 

Une confiance et une assiduité vont de paire pour nous ouvrir  à la connaissance du guide. Ceci veut dire que tout ce que l'on aura appris développé et réalisé auprès de Maîtres qualifiés se perpétuera après notre vie. La bénédiction véhiculée à travers l'art et sa transmission continuera dans le futur, si l'on retrouve des situations propices à cela et si l'on souhaite continuer cette activité, avec pour motivation par exemple, de trouver des moyens habiles pour donner aux êtres une possibilité de tendre vers l'Eveil, de s'intéresser au Dharma par le biais du travail artistique; cela créera les situations nécessaires et les conditions favorables pour l'avenir.

 



Art et méditation

Vision sacrée

 


                      
Les  peintures  des  thankas,  que  représente   la  multitude  de divinités du panthéon bouddhiste tibétain, les décorations de temples, d'autels et de trônes font partie intégrante de la manifestation du Dharma. Comme un rayon de soleil qui illumine tout ce qui est dans l'ombre, elles nous montrent une manière de voir et de comprendre le Dharma.

 

   L'Art du Dharma est pur, il est source de bénédiction, un support à la pratique spirituelle. Ces symboles et ces couleurs n'ont pas été créés par un esprit ordinaire. Sous la forme du Nirmanakaya 5) les Bouddhas et Bodhisattvas ont transmis à leurs disciples habiles à dessiner, leurs visions « manifestées » du Dharmakaya 6) qui furent adaptées suivant leurs inclinations pour tous les êtres, afin de supprimer les causes de la souffrance, de la saisie égocentrique et obtenir le fruit ultime qui est l'état de Bouddha.

En plus des textes et des enseignements du Dharma, s'ajoute donc un autre moyen de compréhension, d'approche et de réflexion, à travers l'Art ce qui est source de bénédiction et de bienfait.

 

 

 

 5) Nirmanakaya: corps de manifestation, troisième des trois corps d'un Bouddha. Les Bouddhas ont le pouvoir de se manifester sous une infinité de formes variées pour répondre aux besoins individuels de chaque être. Le Nirmanakaya recouvre trois types de manifestations:

           1 en tant que don ou talent dans le domaine de l'art

              2 en tant qu'être d'apparence ordinaire doué de remarquables capacités

              pour aider les êtres; (Tulku )

            3 en tant que Bouddha incarné et exerçant son activité dans le monde,   comme le Bouddha historique Shakyamouni.

Quelle que soit la forme que revêt le Nirmanakaya, il représente la qualité de l'esprit en tant que manifestation sans obstruction. (Kalou Rinpotché "le Dharma" édition Kunchab.1989)

6) Dharmakaya: il équivaut à la réalité ultime, on le définit également comme étant la vacuité essentielle de l'esprit. Bien que sans forme et dépourvu de toute activité, il émane sous la forme du Sambhogakaya et du Nirmanakaya pour le bien de tous les êtres.

 

                        Chérab-la S.M.L



La bénédiction véhiculée par notre façon de voir les iconographies comme ordinaires ou simplement comme une jolie décoration nous fera recevoir d'elles une bénédiction ordinaire. Si ces peintures représentent dans notre esprit une chose sacrée, quelque chose de religieux, d'extraordinaire, avec beaucoup d'inspiration, source de l'Esprit du Bouddha, nous recevrons leurs bénédictions, leurs influences; de ce fait notre esprit deviendra plus souple, plus ouvert comme un récipient sans couvercle, prêt à recevoir les vagues de dons des Bouddhas et Bodhisattvas que sont la Connaissance, la Sagesse, la maîtrise de soi, l'inspiration à la pratique, le renoncement etc.

 

   L'activité de l'Art du Dharma est un moyen habile pour nous libérer de la vision fausse de nous-mêmes et de ce qui nous entoure, celle-ci nous canalise, nous construit et nous lie à notre nature profonde, la nature fondamentale de toute chose, le Dharmadatu 7).

 

   Les proportions des déités doivent être bien dessinées en respectant le sens canonique et les instructions des textes. Que nous fassions une représentation d'un Bouddha ou d'une fleur, dans la forme elles ont une différence relative mais au niveau ultime elles ont la même essence. Dessiner une déité ou une fleur c'est une même chose, identique en l'unique saveur, celle du Mahamoudra 8). Dans l'action et dans la manière de dessiner nous créons un "Tendrel" 9). Il est donc important de s'appliquer et d'être attentif. On aurait tendance à interpréter à «sa» façon, avec son opinion et à mettre «sa» touche artistique, ce qui est légitimement humain, mais si nous souhaitons purifier nos émotions perturbatrices et aller au-delà de la saisie égocentrique, cette attitude n'est pas utile.

 

   En conclusion, nous devons nous en tenir à représenter les déités du mieux  possible, celles-ci sont, comme je l'ai mentionné plus avant, source de pureté; elles sont vides d'émotion et de saisie erronée, apparences du Nirmanakaya, sources de bénédiction des Bouddhas et des Bodhisattvas. Jusqu'à nos jours, l'art du Dharma est resté authentique sans avoir reçu de modifications erronées. Il est donc nécessaire de suivre les instructions de Maîtres authentique du passé et présent en respectant le sens de ce que l'on fait, si l'on souhaite que cela perdure dans l'avenir

 

 

7) Dharmadatu: littéralement " le domaine du Dharma ".C'est l'univers des phénomènes où tout se manifeste, l'espace infini qui embrasse et pénètre tout.

 8) Tendrel : connexion, lien, interdépendance.

 



     
Liberté

         Une seule saveur

 

                               Tant  que  la compréhension du  sens  ultime  de  l'Art  du Dharma  n'est pas claire dans notre esprit, les jugements et les critiques n'ont pas lieu d'être dans notre travail, cela empêcherait  d'obtenir "la liberté". Cette liberté est de pouvoir créer, d'élaborer, d'innover sans difficulté le dessin iconographique en respectant les directives canoniques. Pour les débutants, cela semblera artificiel, restreint sans pouvoir créer les motifs par soi-même, juste "limité" à copier et à recopier les dessins que l'on reçoit. Pourtant le fait même de copier encore et encore, à long terme nous imprègne de la manière de dessiner, de peindre et nous adoptons "le style Dharma".

 

       Cette liberté nous donne l'opportunité de nous libérer de notre carapace, du personnage individuel que nous sommes, de nous-mêmes, de notre saisie du «moi» et de «l'autre». Comme par une magie enchantée, l'activité de cet art nous libère de nos vues fausses; à travers l'activité, nous nous effaçons dans un processus qui fonctionne réellement à chaque instant, nous approchant un peu plus non seulement des déités que l'on peint, mais de la Divinité qui est en nous, source de bénédiction et de libération, réalisant par cela que tout ce que l'on peint est uniquement du "Mahamoudra" 9)  et naturellement tout se libère de soi-même.

 

      Ainsi à travers nous et à travers notre activité, « les montagnes, les rivières, les êtres, ce qui "est" et ce qui "n'est pas", se libère de soi même » ce qui veut dire que cette libération des phénomènes et de notre esprit n'a qu'une seule et unique saveur, elle est non duel. Le fait de peindre et de créer des iconographies n'est que bienfait et bonheur; cela nous libère de nos tendances ordinaires; c'est ainsi que doit être compris le sens de "liberté" à travers l'action artistique du Dharma

 

 9) Mahamoudra: le symbole suprême ou le sceau suprême, il désigne la réalisation de la véritable nature de l'esprit.

 


L'oeil de sagesse

Pour le bienfait de tous les êtres

 

                    Le  corps,  la parole et  l'esprit du  Bouddha  sont  représentés dans son ensemble par le Temple, qui est le palais de la Divinité, le centre du Mandala 10).   Les décors muraux, scènes de la vie du Bouddha, de Lamas ou de différents Bodhisattvas en posture de méditation, représentent le corps de la Divinité. Les écritures de "Brama" ou mantras peints, sont la parole de la Divinité, l'Enseignement du Dharma. Le centre de l'autel principal "est" l'esprit, le coeur de la Divinité, l'autel dans son ensemble est la maison des Déités.

 

   Un temple, pourquoi pour qui ? Le fait de le concevoir dans la pensée, ensuite de le mettre en forme par un croquis et enfin de le construire, est source d'accumulation de mérite sans limites, qui défie toute les richesses du monde et celles des Dieux 11). En construisant un temple nous nous construisons nous-mêmes, de l'intérieur. Il nous donne la base excellente pour la compréhension du Dharma et nous élève hors du samsara.
S'investir dans la décoration d'un temple est un aboutissement, un achèvement, une touche finale qui donne la référence, l'exemple, le chemin de la méditation et de l'éveil pour tous les êtres présents et à venir.                                                                                                                                                

 

   Construire et décorer un temple pourrait être par notre activité une finalité, un aboutissement suffisant pour nous-mêmes, une belle offrande aux trois Joyaux 12), mais, c'est aussi une offrande aux êtres des dix directions: 1  Pour les êtres des sphères divines (Deva), le temple est comme un nectar, un éveil au saint Dharma. 2 Pour les êtres égarés du Bardo 13), le temple est un refuge, un lieu de repos, une inspiration. 3  Pour les animaux, les insectes... le temple est une protection, une vague de connaissance. 4  Pour les esprits avides qui souffrent de la faim et de la soif, le temple est une nourriture du Dharma. 5  Pour les esprits malfaisants et remplis de colère, ou de jalousie comme les "Titans" 14), le temple les pacifie et les subjugue et ils deviennent des protecteurs du Dharma.  6  Pour les êtres des enfers des régions chaudes et froides, difficiles à apaiser, par la vision du temple, leurs souffrances aiguës sont apaisées, ils développent la foi dans les Enseignements du Bouddha.

 

 

10) Mandala: configuration symbolique complexe de toutes les énergies et manifestations d'un aspect particulier de l'Eveil.

11) Dieux: (Deva) êtres vivants dans la classe d'existence la moins douloureuse du samsara; dominés par les plaisirs des sens, leur vie est extrêmement longue.

 

 12) Trois Joyaux : le Bouddha, le Dharma et la Sangha (communauté religieuse)

 13) Bardo : expérience intermédiaire, l'état connu par la conscience après la mort et avant la renaissance.

 14) Titans : Dieux dominés par la jalousie et la colère, constamment en guerre contre les Devas.






    Tout ceci pour dire que l'activité artistique du Dharma a un impact réel sur tous les êtres passés, présents et futurs. Ainsi notre travail de l'art, dans la mesure du possible ne doit pas être accompli avec impatience ou colère; le moment présent de notre travail est primordial (sans nous soucier de ce que l'on va faire plus tard, de nos peintures); il n'est pas important que notre oeil humain voie ou ne voie pas tous les détails de ce que nous peignons parce que la décoration d'un temple n'est pas une " galerie d'art", ce n'est pas le but.

 

   Le temple doit éveiller de l'inspiration à la pratique, être une archive spirituelle Artistique et faire place aux enseignements du Bouddha, une référence laissant une mémoire du Saint Dharma pour les générations à venir, une trace vivante qui file comme une étoile filante à travers les âges,

 ...à l'infini, illuminant tout sur son passage. Un Joyau précieux, source de bonheur et de bienfait.

 

 

  

 

Kundreul-Ling, Max 1996

 





Grâce à des pensées «d’artistes» conflictuelles surgit une inspiration,
cet écrit couché sur le papier a pour objet d’apaiser les mauvaises tendances.

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 19:09

 







Ecrit sur  l’Art du Dharma






             L’ art  traditionnel  du Dharma prit naissance  en Inde,  à   l'époque du Bouddha  Cakyamuni.  Sculptures, thankas (peinture sur toile de coton), décoration de temple ou offrandes colorées font parties intégrantes au développement de la méditation quotidienne, un guide à la compréhension du Dharma.

 

Son origine :

                        Du plus profond de sa réalisation, l'Etre sublime, parfaitement éveillé, sans pareil égal dans le monde, sortit de sa méditation; spontanément la vision de la nature des choses se refléta dans son Esprit, comme les plumes du paon qui se déploient en un éventail à mille facettes, nous montrant sa parure multicolore. Les montagnes, les nuages, les rivières, les fleurs, les traits des déités, leurs entourages et leurs couleurs furent révélés par le Glorieux au monde humain, ainsi à travers la peinture (pour les gens peu érudits), la compréhension du Dharma devint accessible à tous. Cela fut parfaitement accompli.

 

                  De nos jours, l'Art sacré tibétain est resté intact, conforme à sa structure monastique et à ses enseignements. Les maîtres artistes d’autrefois qui reçurent les connaissances dans ces domaines de la sculpture et de la peinture, propagèrent à leur tour cette discipline à leurs élèves.

Suivant la lignée spirituelle et artistique des Lamas accomplis et de leur réalisation particulière, Kagyupa, Nyingmapa, Sakyapa, ou Gelugpa,... différentes écoles prirent naissance.



Le guide :

                              En l'année 1959 (invasion du Tibet par la Chine) l'art religieux fut tant bien que mal préservé de la destruction massive de l'envahisseur. Certains artistes durent s'exiler en Inde et continuèrent leurs disciplines artistiques et leurs transmissions. L'influence chinoise n'a guère réussi à annihiler l'état d'esprit des artistes tibétains. ChérabPalden Béru est un de ceux-là, qui resta fidèle à la source de ces oeuvres et continua à transmettre autour de lui la tradition de l'Art sacré.  Plus tard, il s'installa en Ecosse et vécu à Samyé-Ling 1); ce centre du Dharma fut dirigé par Trungpa Rimpotché et ensuite par Akong Rimpotché; ce dernier instaura la tradition bouddhiste en créant un temple majestueux; il divulgua les enseignements propres à l'école Karma Gadri. La danse, la musique, les rituels, la peinture et la sculpture sont les principales activités de ce lieu. Le souhait de Rimpotché est de préserver la culture tibétaine dans toutes ses disciplines, sauvegarder toute la richesse de cette tradition pour les  générations à venir. ChérabPalden Béru fut choisi pour cette tâche; il enseigna son art à une dizaine d'élèves 2), qui prirent un engagement de plusieurs années d'études. Pour nous, occidentaux cela est très exceptionnel de recevoir de la main d'un Maître authentique un savoir sans mesure; par son excellence, ses qualités et son accomplissement, nous, disciples, le portons au-dessus de notre tête comme un précieux diadème.

 

1) Premier centre Karma Kagyu en Europe, fondé en 1967 par Trungpa Rimpoché et Akong Rimpoché, le nom de "Samyé" évoque le premier monastère au Tibet, établi par Padmasambhava au 8ème siècle.

 

 2) L'auteur de cet ouvrage faisait partie de ce groupe, il fut invité à suivre les enseignements de l'Art tibétain pendant de nombreuses années.




Thanka de CherabPaldenBéru. Samyé-Ling.

          
 
Le sacré :    

                              Que dire de celui-ci, du caractère de la forme du dessin, de ces lignes parfaitement tracées par la main de l’artiste, enveloppant chaque couleur avec dextérité; il nous montre par ses formes de peinture la vision du Lama, son Enseignement et les centaines de symboles qui y sont représentés. Chaque déité peinte est bien précise dans son mouvement et dans ses couleurs avec ses propres attributs; son palais et ses décors sont inséparables de la forme principale du tableau (thanka) et font partie du Corps radieux et élégant de la divinité. Celle-ci se révèle sans ombres, sans hachure, sans relief; cela nous paraît bien plat, comme une écriture sur le papier et pourtant, dans notre esprit ces formes visualisées prennent tout leur sens; ce qui était une simple peinture devient une réalité rayonnante, quelque chose de vivant, lumineux, limpide et  transparent.

 

    Le jeu des formes et des couleurs se manifeste ainsi dans chacune de nos méditations et de nos pensées. Reconnaître ces déités peintes et leur environnement comme une manifestation de notre propre esprit, inséparable, en fusion avec notre Lama Racine est excellent.

 

     Ces nombreuses couleurs qui éclatent dans tous les sens, sans savoir où elles vont s'arrêter. La complexité de leurs lignes, qui serpentent sans fin cela nous paraît bien simple et compliqué à la fois. Chaque détail d'une thanka, d'une décoration, d'un autel ou du pilier d'un temple est très précis, comme un code, qui nous renvoie un message à travers une peinture majestueuse, pouvant prendre un sens  significatif, «la forme est vide et le vide est forme». L'un sans l'autre les choses ne pourraient exister et ne pas exister; cela exprime  le sans commencement des phénomènes et des apparences, qu'il n'y a pas de dualité entre elles. Pour cette raison, tout n'est que du domaine du sacré, rien ne peut être négligé par l'artiste, qui représente ces iconographies, même dans ses plus petits détails, comme un brin d'herbe ou une goutte d'eau. Ces représentations ont le pouvoir de transmettre quelque chose de profond aux initiés, comme aux non-initiés. Elles sont inséparables de la source, de la création des phénomènes du Dharmakaya, l'ultime mode d'être, incomparable, le grand symbole, l'essence même; "le Mahamoudra".

 



L'offrande :

 

                               L'activité de la peinture ou tout autre mode de travail consacré au Saint Dharma, est un acte religieux. Au départ, l'élève épaulé par son guide, s'applique à faire le remplissage des couleurs et à développer la manière de dessiner, ce n'est qu'une étude préliminaire. Suivant la disposition de l'esprit de l'étudiant, de sa diligence et de l'envie d'apprendre, son professeur lui donnera un peu plus d'informations, plus de détails, en respectant les capacités propres à chacun. Ensuite, l'apprentissage deviendra moins rigide, moins artificiel, le travail se fera naturellement, les obstacles seront dissipés, ce qui laissera une disponibilité pour la méditation dans l'activité, celle de l'offrande de son travail. Les lignes dessinées, les coups de pinceaux se transformeront en de multiples univers, en terre de Bouddha, en Mandala d'offrande qui se perpétueront sans fin. Tout travail s'embellira par cet acte, libre de préjugés, sans même y penser, cela se fera simplement, naturellement. L'artiste s'unira complètement avec son action d'offrir, le mérite sera inestimable. L'attachement naturel à notre peinture, la fierté arrogante «c'est moi qui ai peint cela, je serai estimé des autres» tout ceci, se dissipera parfaitement. Comment ces états d'esprit, pourraient-ils nous envahir, puisque sans arrière pensée, tout est offert; nous n'avons donc rien à perdre, l'esprit sera serein, notre activité deviendra comme celle d'un Bodhisattva.

 

L’élève:

                                 Une certaine disposition d'esprit serait souhaitable pour suivre une lignée d'artistes. Avoir un engagement tenace au cours de l'apprentissage, qui peut durer de nombreuses années ou toute une vie. Ne pas chercher à être un artiste pour la gloire ou la fortune, ne pas vouloir être mieux que son professeur sans connaître le sens profond de l'Art du Dharma, malgré nos efforts, accepter nos limitations s'il y en a. Etre pleinement disponible au service du Saint Dharma et de son Lama racine. Développer assez d'humilité envers soi-même et envers les autres pour éviter les "pièges" des émotions perturbatrices, être satisfait de ce que l'on reçoit, aussi minime soit-il.

Il est possible qu'après un certain temps d'apprentissage, l'élève entre en compétition avec ses voisins ou avec le  guide; à partir de ce moment, du fait de cette disposition il ne pourra accepter les conseils et les méthodes proposés ; étant trop sûr de sa personne, un mur se construira autour de lui, alors, la communication avec le professeur lui sera impossible, son esprit sera tendu et fermé, il ne pourra  recevoir les informations et le sens de son activité. Cela peut créer des problèmes au sein d’un groupe, comme la compétition, la jalousie, la rancune, l'orgueil, celles-ci pouvant perturber le développement adéquat pour la maîtrise de cet Art.

 

 

      L'écoute, l'ouverture d'esprit de l'étudiant à la façon de faire du professeur, sans argumenter son travail, sans vouloir toujours remettre en question ses enseignements ou avoir des doutes à son égard, seront des plus propices; l'élève devra toujours faire de son mieux et faire preuve d' assiduité, accepter ses erreurs s'il s'en aperçoit, poser des questions, ne pas s'adonner à de vains bavardages à propos de l'art, comme de faire des comparaisons avec d'autres maîtres, de la manière dont ils enseignent, juger que ceci est bien ou que ceci n'est pas bien sans connaissance de cause, que tel maître est mieux que d'autres. S'en tenir scrupuleusement aux directives du professeur que l'élève s'est engagé à suivre, ne laissant aucune place aux vues erronées; en évitant toute comparaison on évitera la confusion. Il devra parler de son professeur avec respect et gratitude, de ce fait il apparaîtra dans son esprit, les conditions nécessaires pour rencontrer la compréhension et la méthode du maître. Quand l'étudiant aura fini son travail, avant d'en commencer un autre, il devra attendre l'approbation de son guide.




 

 

Le professeur:

 

           Malgré la maîtrise de son art et l'assurance de sa méthode il devrait se considérer lui-même comme étant toujours un élève, cherchant à apprendre de nouveau, que son activité soit celle d'un simple serviteur. Qu'il puisse éviter la pensée que ses capacités excellemment acquises ne proviennent que de lui seul. Seule la bonté des Bouddhas compatissants lui donna ces moyens habiles, pour pacifier ses émotions perturbatrices et atteindre par cela-même l'état éveillé sans retour.

Devant la demande de l'élève, le professeur devra toujours être disponible, ne pas critiquer les erreurs commises par l'étudiant, mais  les expliquer avec sagesse, humour, sans rigidité et obstination. La préférence de tel étudiant à un autre ne devra pas effleurer sa pensée; il devra les considérer à leur juste valeur et respecter les capacités de chacun. Le guide devra être ouvert à toutes les propositions et développer un travail d'équipe. Savoir noter les élèves si cela est nécessaire, pour les encourager à continuer leur apprentissage. Parfois l'esprit de compétition ou autres maux peut naître entre eux, le professeur ne devra pas en être affecté, mais devra garder son calme et essayer de canaliser le mieux  possible l'étudiant perturbé.

 

 


Si des poisons mentaux apparaissent, comme l'anxiété, la colère ou qu'il n'a pas de désir de peindre, il serait plus raisonnable de ne pas entrer dans l’activité, détendre l'esprit et demander conseil sera le plus approprié. Cette activité devrait rester aussi sereine que possible. Le travail achevé, ne pas le signer, ne pas espérer  que l'on nous regarde comme un être exceptionnel, que l'on nous glorifie. Ecouter attentivement le professeur sans chercher à le tromper en donnant nos idées, notre style personnel, sans connaître le discernement juste, ce qui altèrerait l'authenticité de notre travail. Dès lors, une transmission pourra réellement se produire, les mots deviendront inutiles, tout se fera simplement, clairement, précisément, seule l'activité rayonnera naturellement. Nous, (occidentaux), avons parfois bien de la peine à laisser "nos habitudes aux vestiaires", la place du «Je», si elle n'est pas observée quotidiennement, prend une place importante dans le domaine artistique. C'est l'une des raisons pour laquelle l'humilité initiale n'est pas à négliger. L'activité des Arts n'est pas facile et risque de créer à notre insu des passions pouvant nous nuire et nous rendre aveugles. Le "guide", avec ses moyens habiles, canalisera l'étudiant à bon escient ou bien celui-ci pourra avoir recours à son Lama Racine et  prendre conseil auprès de lui.


« …il y a trois sortes d’artiste, l’un n'est artiste que de nom,

 l’autre croit savoir mais il ne sait pas,

et le dernier  sait, mais est avide de son savoir ».

 

signature Rinpotché

 

Guendune Rinpotché

 







Grâce à la bonté et à la générosité des Maîtres du passé, parfaitement accomplis dans les Arts religieux, ceux-ci nous ont permis avec toutes nos imperfections, rendre cet Art accessible et compréhensible. La compassion des Bouddhas est telle, que cette approche de l'Art du Dharma et de son développement, nous permet de le répandre de par le monde, pour le plus grand bien de tous les êtres et pour la gloire
du saint Dharma.

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 13:51

 

 

 

… Etudier l’Art traditionnel du
bouddhisme tibétain.

 

  « Hiver 1978, le moment était venu de partir dans un autre pays, afin d'étudier l’Art traditionnel

 du bouddhisme tibétain. Lama Zingpenla m’introduisit  auprès de Akong Rinpotché qui était à

 ce moment-là à Dhagpo. Lama Zigpenla requit auprès de ce Lama l'autorisation que je suive

 une formation dans son Centre du Dharma à Samyé-ling  en Ecosse. Par trois fois, Akong

Rinpotché refusa sa demande, Zingpenla insista en le rassurant sur ma pratique et ma motivation.

Il accepta finalement sa requête en me disant que cela ne serait pas facile, qu’il ne fallait pas que j’aie de vie familiale.  Il me donna quelques jours de réflexion mais sans attendre et sans aucune hésitation je lui donnai ma décision positive.

Dès lors, il me prit trois mois à l’essai, séjour que je dus financer de mes propres deniers, 

Une grande malle, deux valises et un sac à dos constituteraient mes bagages à emporter au fin

fond de l’Ecosse. Ne sachant parler anglais, Francis (Lama Tsönyi,) me donna quelques conseils

 en linguistique avant de partir, en inscrivant sur des bouts de papier ce que je devais dire pour

me guider en arrivant sur le sol britannique.

 

Lama-Photo-68-copie-1.jpg




 Il me stransmit une bonne partie
de son savoir-faire.

 

 

MaxArtibet, beautiful decoration. Year 2000 Part 2



« …Je fis la rencontre du maître d’Art Chérabpalden-Béru, reconnu par le 16ème Karmapa comme étant un très grand artiste de l’école Karma-Gadri, ayant une connaissance sans reproche du symbolisme Kagyupa et Nyingmapa. Ce personnage d’une  douceur et d’une attention toute particulière me mit toute de suite à l’aise dès mon arrivée à Samyé-Ling. Ce fut la troisième personne après mon Lama de Refuge et Akong Rinpotché (un protecteur d’une compassion étonnante) qui a joué un rôle décisif sur mon chemin spirituel et artistique. Ainsi, avec grand enthousiasme, je fus prêt à servir le Dharma à travers l’étude de l’Art sacré et du travail de la communauté.

Mois après mois, années après années sous la tutelle du maître d’art je construisais et sculptait des petits meubles et des trônes peints de façon traditionnelle….

Chérab-la était vis-à-vis de moi comme un père pour son fils. Pendant toutes ces années, il me témoigna  son affection, avec patience et générosité et il me transmit une bonne partie de son savoir-faire avec une attention toute particulière. »


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Lama-Photo-58.jpgThanka-Ch-rab-1.jpg






























Chérab-la

auTibet                                                                                                                                                                                                              

 

                                                                                                                               Une de ses peinture


                                                                                                                                                    .

  

  

  

 



Le moudra de l’enseignement. 

 

 

« Avec grande inspiration je conserve toutes ses bénédictions et ces moments précieux en mémoire; avec joie j’écrivis les quelques proses qui vont suivre, relatant le parfum de l’époque de Dhagpo-Kagyu-Ling et du souvenir radieux de mon guide spirituel. »

« Quelques années plus tard, j’eus l’intention de sculpter son effigie, afin qu’à sa mort la statue puisse recevoir ses cendres, je demandais donc à Rinpotché comment je devais le représenter; il fut amusé par mon empressement  « à le mettre en boîte » et me donna les indications de la posture dans laquelle il souhaitait être représenté, avec le moudra de l’enseignement. »





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Chant à Dhagpo Kagyu Ling




Hommage !

 

 

(1.)* Dhagpo, terre bénie par le Bouddha lui-même.

       (2.) Dhagpo, très haut dans le ciel au sommet de l’éclosion humaine.

Dhagpo, en silence et humblement nous accueille sagement.

 

Qui veut rencontrer le saint poète Milarepa

(3.) Dans la vallée de l’ancien homme

Qu’il y vienne et là, le verra certainement.

 

Qui veut manger de sa nourriture et rester en silence,

Dans la vallée de l’ancien homme,

Qu’il y vienne et là, trouvera contentement.

 

Qui veut la demeure du grand Yogi et l’ombre de la solitude,

Dans la vallée de l’ancien homme

Qu’il y vienne et là, trouvera son Refuge.

 

(4.) Notre Lama, par ses mille facettes nous regardant

Montre les mille aspects

Par lesquels les Bouddhas et Bodhisattvas en émanent.

 

Notre Lama, par sa bonté et sa Compassion infinie

Nous libère de la saisie à un soi

Il nous montre l’activité des Bodhisattvas.

 

Notre Lama, par sa joie et sa spontanéité d’être

Nous montre l’irréalité des phénomènes

Son illusion, comme un rêve, un mirage.

 

Notre Lama, par sa méditation et son exemple

Nous libère de notre ignorance

Il nous guide sur le sentier de non-retour.

 

Venez, à Dhagpo !

(5.) Dans la vallée ancienne

Goûtez-y sa saveur !




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(6.) De simples gens en apparence

Cheveux en broussaille, vêtements en haillon

Puant la bonne terre et l’herbe mouillée

Vous rencontrerez.

 

(7.) Couchant à même le sol ou sur des litières usées

Travaillant sans outils ou presque

Ne sachant que faire où aller

 Etonné, vous serez.

 

Ne manquant pas à la prière

Ecoutant la bonne parole

Le regard souriant et rêveur

Vous accueilleront

 

Le dieu de la richesse nous met à l’épreuve

Mais le Lama nous comble de sa propre richesse.

 

Dhagpo, lieu éternel et pourtant incertain par l’impermanence du cosmos

Le changement des choses le Lama nous le montre. Malgré le tourbillon des six mondes

(8.) Nos cœurs restent fidèles à la pensée de Dhagpo et de son saint Yogi….

 

Nous portant au-delà de nos chaînes

Vers la demeure de celui qui sait

Notre Lama Racine se fond en nous et nous mourrons en son sein

Plus grand que l’infini et plus petit que l’invisible

Nous restons là, libres et paisibles.

 

Venez à Dhagpo !

Dans la vallée ancienne

 Vous trouverez la citadelle de Milarepa

 

(9.) Médiocrité de ce chant, que le Lama pardonnant, me fasse goûter  son élixir de grâce

Que les cent syllabes rayonnent dans l’espace !

 

Spontanément une pensée s’est figée dans mon esprit, libre à son cours elle s’en est allée

Ainsi née, elle est apparue connue de tous.

 

Année 1976, Chant à Dhagpo Kagyu

*(1.) Éclaircissement du texte : Hommage. 

1. Bénit par le XVI ème Karmapa.

2. Il y a 2500 ans le premier homme fit son apparition.

3. Vallée de la Vézère, en Dordogne.

4. Sans aucun doute le très vénérable Guendune Rimpotché.

5. Ancienne terre des hommes de la préhistoire.

6. Le petit monde de Landrevie (Dhagpo).

7. Une vie très précaire.

8. Guendune Rimpotché, considéré par sa réalisation à celle de Milarepa.

9. Allusion à une écriture très ordinaire, sans réalisation et guidé par l’ignorance, ce chant peut être

 un grand mensonge  mais l’auteur voulu essayer de transmettre avec le cœur quelque chose de beau ;

 alors peut-on le pardonner ? 

 






De son ravissement exprimé par ces
chants de Vadjra



            « …De  retour  en  France,   je me rendis en Auvergne pour contribuer à la décoration
du petit temple de Guendune Rinpotché. Avec l’aide d’un ami anglais Lény, nous commencâmes à mettre en œuvre les travaux de décoration. Pendant ces deux mois que compta la durée du chantier, les fresques murales et l’autel (construit par Frizou et Baba) étaient drainés par un vent de bonheur, d’humour et d’éclats de rire, d’une joie intense dans tous les sens du terme s’éternisant jusqu’à la tombée de la nuit. Régulièrement Rinpotché nous rendait visite; un jour il nous tendit un plateau d’offrandes qu’il venait  partager avec nous; son visage rayonnait d’un sourire prometteur, de ce ravissement exprimé par ces chants de Vadjra, par  ces danses de Lama auxquelles il nous conviait de sa représentation. Nous étions ravis par ses expressions spontanées et recevions, entre autres son encouragement à nous « fendre le cœur ! »

Notre équipe d’artistes en herbe s’agrandit avec Michel, Aurélie, Déki, Nathalie…
qui m’assistaient pour la touche finale des autels. Lény, quand à lui, devait retourner rapidement

en Ecosse. »


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L'équipe de déco à l'oeuvre, dans le petit temple de Rinpotché.




L’expression de leurs qualités artistiques vit le jour.



« …le temple du monastère des nonnes à Laussedat, était prêt à recevoir notre équipe de déco, une quinzaine "d’artistes"  ne connaissant rien à l’Art du Dharma, tout du moins au début; par la suite, l’expression de leurs qualités artistiques vit le jour.  Sous ma tutelle et accompagnés par le "savoir-faire" d’autres lamas, nous nous mettions à l’œuvre. Une année entière  suffit pour habiller l’autel et les murs du temple,  grâce à une bonne coordination et surtout par un suivi régulier  des  travaux,  auxquels  je  contribuais  en  donnant  des  cours de dessin et de peinture; chaque élève  pu apprécier à sa juste valeur le résultat de son travail. »

 

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Le Bouddha central qui fait plus
de cinq mètres de haut.


« …Maintenant il était temps de commencer la grande œuvre, celle du temple du Karmapa, toujours avec la même équipe nous mîmes en place plusieurs ateliers : pour Marie-Christine ce fut  la dorure et la pose de la feuille d’or, pour Michel la peinture des Mandalas, pour Jean Marc la déco murale, pour Antonio le moulage et pour moi-même la sculpture et la fonction de maitre d’ouvrage. Après avoir présenté à lama Jigméla mes dessins et accepté diverses idées pour la déco, comme par exemple son plafond avec  ses Mandalas, le plan  fait à l’échelle du grand Bouddha central qui fait plus de cinq mètres de haut. ~ Gérard s’occupa de la fabrication du Bouddha qui fut réalisé en cuivre repoussé, ainsi que d’autres statues par la suite ~. Après l’approbation de Guendune Rinpotché, il me donna toute sa confiance  pour faire cette activité. Ainsi, nous nous mîmes à l’œuvre et tout se déroula comme prévu avec la bénédiction de la Lignée. »

 

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Il est bon de suivre l’exemple de décoration

du temple de Rumtek.

 

« …Pour le plafond central une pensée effleura mon esprit, un grand Mandala y serait

représenté, mais lequel ? Je choisis le Mandala du Kalachakra. Ainsi une fois que mes croquis furent fais, je m’en remis à Guendune Rinpotché et à sa demande je partis pour Dhagpo présenter mon travail à Lama Jigméla… ». Le choix de ce  Mandala, dans sa vaste dimension  de 1m80 de diamètre, correspond au souhait et à la nécessité de contrer les obstacles que constitue  cette époque  de l’âge sombre dite du "Kali Yuga " où les actions négatives sont reconnues comme des actes positifs, et les actions négatives comme positives; ainsi que les guerres, la famine, l’appât du gain …  prédominent dans le monde. Ce Mandala (protecteur), équivaut à toutes les transmissions et  bénédictions toutes particulières pour notre époque.

Je présentai cette idée et mon dessin à Lama Jigméla qui le regarda attentivement et sans hésitation il accepta le projet, ainsi que les autres plans grandeur nature des deux disciples du Bouddha qui plus tard seraient réalisés en cuivre.  Rinpotché me disait à propos de la décoration du temple qu’il était bon de suivre l’exemple du temple de Rumtek, de le prendre comme référence, ~ décoration rêvée à l’époque des travaux par le 16ème Karmapa lui-même ~. Je m'en inspirai donc… »




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« …M’étant retiré  pendant une longue période de mon activité ; par la suite j’ai rencontré l’artiste tibétain Norbou, peintre de thankas , nous eûmes quelques échanges amicaux. Il me confia  que mon savoir-faire était de qualité et me convia à travailler avec lui...  Actuellement, Norbou supervise les ateliers et dirige l’activité de décoration du Temple du Karmapa »


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Denzong Norbu L'artiste par excellence.



J’étais bien aise d’accompagner une dernière fois
mon Maître spirituel.

 

« …Un événement bien triste nous rappella l’impermanence des choses et des êtres. Notre Lama de Refuge Guendune Rinpotché quitta son corps en 1997 en Auvergne. Une grande cérémonie allait se préparer; donc avec quelques personnes de la déco nous préparions les dessins (j’étais bien aise d’accompagner mon Maître spirituel une dernière fois à travers l’art) qui serviraient pour la décoration de la caisse funéraire et du stupa de crémation, le corps de Rinpotché serait brûlé dans ce support spécialement conçu pour cela… » 

« ...Les flammes consumèrent son corps sortant au-dessus du Stupa à plusieurs mètres de haut; entre feu et air, Rinpotché  apparut resplendissant de son Corps de Dharamakaya , pour se fondre dans la demeure radieuse de l’Esprit parfaitement pur, le Mahamoudra. 

 ~  Peu de temps après sur les précieux conseils du Karmapa, de Shamarpa et d’autres Lamas tibétains, je sculptai son effigie, comme Rinpotché l’avait souhaité, avec le mudra  de l’enseignement~. »   EMAHO !

 

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